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1. Introduction

Montpellier, France – 5 juin 2025 Du 2 au 5 juin 2025, les points focaux de la Convention sur la diversité biologique et les représentants des autorités de gestion des aires protégées de huit pays méditerranéens – Bosnie-Herzégovine, Égypte, France, Liban, Libye, Monténégro, Espagne et Tunisie – ainsi que des représentants d’organisations et d’initiatives internationales et régionales – Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF), Coalition de haute ambition pour la nature et les populations (HAC for N&P), UICN Med (Centre de coopération méditerranéenne de l’Union internationale pour la conservation de la nature), NatureXpairs, Oceans 5, Pew Bertarelli Ocean Legacy (PBOL), Centre d’activité régional pour les aires spécialement protégées (SPA/RAC), MedFund, Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-WCMC), Programme des Nations Unies pour l’environnement / Plan d’action pour la Méditerranée – Secrétariat de la Convention de Barcelone (PNUE/PAM) – se sont réunis à Montpellier, en France, pour un atelier régional méditerranéen sur l’objectif 3 du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (GBF).

L'événement a été organisé par le gouvernement français en collaboration avec le Secrétariat du HAC pour les aires naturelles et protégées, le PNUE/PAM et son Centre d'activités régional pour les aires spécialement protégées (SPA/RAC), avec le soutien de Plan Bleu et de l'UICN Med.

L’atelier a permis d’approfondir la compréhension de l’état des aires marines, côtières et terrestres protégées et conservées en Méditerranée. Il a offert aux participants l’occasion de présenter leurs efforts nationaux et de partager leurs principales lacunes, difficultés et opportunités. L’atelier a également permis de mieux appréhender les besoins techniques, scientifiques et de renforcement des capacités au niveau national, ainsi que des sujets clés tels que les autres mesures efficaces de conservation par zone (AECN) et les aspects d’équité et de gouvernance de l’objectif. Ceci permettra aux partenaires d’apporter un soutien plus efficace aux Parties et aux parties prenantes concernées.

L’Objectif 3 est l’engagement mondial de protéger et de conserver 30 % des terres et des eaux de la planète d’ici à 2030. Surtout, cet Objectif va bien au-delà de la simple question de la superficie. Il exige que les aires protégées et conservées soient gérées efficacement, administrées équitablement et reconnues dans le respect des droits des communautés locales. Il engage également les gouvernements à conserver les espaces naturels les plus importants et à garantir leur interconnexion. En bref, les éléments de cet objectif appellent à un renforcement de la conservation in situ, bénéfique à la fois pour la nature et pour les populations.

Rapport Planète Protégée 2024 Une évaluation mondiale des progrès accomplis vers l'objectif 3 du GBF a été réalisée. Dans le bassin méditerranéen, la couverture variait considérablement selon les sous-régions². En Europe du Sud, 25.71 % des zones terrestres et des eaux intérieures étaient protégées, contre 13.14 % des zones marines et côtières. À l'inverse, l'Afrique du Nord et l'Asie occidentale présentaient des taux de couverture plus faibles, notamment pour les zones marines et côtières. En Afrique du Nord, la couverture des zones terrestres et des eaux intérieures par les aires protégées était de 21.55 %, contre seulement 2.23 % pour les zones marines et côtières. En Asie occidentale, ces taux étaient respectivement de 12.66 % et 6.38 %. Par ailleurs, la couverture moyenne des zones clés pour la biodiversité (ZCB) par les aires protégées était de 69.16 % en Europe du Sud, de 41.46 % en Afrique du Nord et de 35.2 % en Asie occidentale.

Les organisations internationales ont reconnu l’engagement de la région méditerranéenne en faveur d’actions ambitieuses visant à lutter contre l’érosion de la biodiversité. La Convention de Barcelone constitue un forum unique de coopération entre les pays de la région, favorisant la collaboration et les initiatives communes, en étroite collaboration avec les organisations régionales et internationales compétentes. En 2021, les États parties à la Convention de Barcelone ont adopté une stratégie régionale post-2020 relative aux aires marines et côtières protégées et à d’autres mesures efficaces de conservation territoriale, renforçant ainsi leur engagement en faveur de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.

Cet atelier s'est tenu à un moment stratégique de l'agenda mondial, quelques jours seulement avant la troisième Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC-3), qui se déroulera à Nice, en France, du 9 au 13 juin 2025. La communauté internationale s'y réunira pour discuter de solutions et prendre des engagements en faveur de la conservation et de l'utilisation durable des océans. Ce sera une occasion cruciale pour la région méditerranéenne de faire entendre sa voix sur les grands enjeux marins mondiaux.

2. Principales priorités, recommandations et domaines d'action.

L’atelier a permis d’identifier les priorités clés et de formuler des recommandations pour accélérer la mise en œuvre régionale de l’objectif 30×30. Les participants ont identifié les actions clés suivantes :
• Renforcer davantage la volonté et les engagements politiques.
• Renforcer davantage la cohérence des politiques nationales, régionales et internationales.
• Renforcer les synergies entre les ministères, les institutions publiques et les parties prenantes.
• Accroître la couverture des aires protégées et conservées dans les zones d'importance particulière pour la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques, grâce à des systèmes écologiquement représentatifs, bien connectés et équitablement gérés en Méditerranée, et notamment dans les pays de l'Est et du Sud
• Augmenter le nombre et la superficie des zones protégées dotées de niveaux de protection renforcés.
• Identifier, reconnaître et signaler avec précision les OECM et développer des corridors écologiques conformément aux critères et aux directives des OECM.
• Mettre à jour ou élaborer des stratégies et des plans d’action nationaux avec des cadres de suivi clairement identifiés pour l’expansion et la gestion du système et alignés sur les stratégies régionales et l’objectif GBF 30×30.
• Développer davantage les politiques et les structures de gouvernance des aires protégées méditerranéennes afin de les rendre plus équitables, en intégrant les acteurs locaux, en les reliant aux autres secteurs et en tenant compte des conditions locales des aires protégées.
• Renforcer la législation nationale et garantir des mécanismes efficaces de contrôle des infractions et d’application de la loi afin d’obtenir de meilleurs résultats pour les aires protégées.
• Identifier les zones protégées au sein des zones écologiquement importantes reconnues, par exemple les zones marines écologiquement ou biologiquement importantes (EBSA), les zones clés pour la biodiversité (KBA), les zones importantes pour les mammifères marins (IMMA), les zones importantes pour les oiseaux et la biodiversité (IBA).
• Améliorer et veiller à ce que les structures de gestion des aires protégées et des OECM soient efficaces et bien coordonnées entre les différents niveaux de gouvernement et les parties prenantes afin d’améliorer les connaissances et d’assurer une gestion adéquate des aires protégées et des OECM.
• Partager les expériences et les informations sur la biodiversité et les aires protégées au niveau national et au niveau régional par l’intermédiaire des centres techniques régionaux.
• Renforcer les capacités des gestionnaires, du personnel et des parties prenantes des aires protégées et communiquer sur la valeur des aires protégées aux décideurs et à un public externe plus large afin de les sensibiliser.
• Garantir le soutien à la viabilité financière à long terme des aires protégées grâce au renforcement des capacités et à des mécanismes de financement durables, notamment les fonds fiduciaires, les crédits carbone et d’autres mécanismes de financement innovants.
• Renforcer la conservation de la biodiversité au-delà des aires marines protégées dans les zones situées à l’intérieur et à l’extérieur de la juridiction nationale grâce à d’autres outils sectoriels et spatiaux tels que les aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (SPAMI), les zones maritimes particulièrement sensibles (PSSA), les zones de pêche réglementées (FRA) et d’autres mesures efficaces de conservation par zone (OECM).
• Renforcer la contribution des aires protégées et conservées aux objectifs de développement durable, à l’économie verte/bleue, à l’atténuation des changements climatiques et à l’adaptation à ces changements.

3. Conclusion

En conclusion, l’atelier a souligné l’impérieuse nécessité d’une coopération et de partenariats régionaux et internationaux pour la mise en œuvre efficace et rapide de l’objectif 30×30 du Fonds vert pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Les participants ont insisté sur l’importance de la collaboration entre les gouvernements nationaux, les communautés locales et les organisations internationales pour relever les défis identifiés. Le partage des connaissances, des outils et des ressources sera essentiel pour renforcer les efforts collectifs en faveur de la conservation de la biodiversité.

Par ailleurs, le renforcement de la collaboration entre le SPA/RAC, le HAC pour la nature et la biodiversité et l'UICN, ainsi que d'autres organisations régionales, sera essentiel pour promouvoir des stratégies de conservation efficaces. Il est crucial que toutes les parties prenantes participent activement à ces efforts de collaboration afin d'atteindre l'objectif 30×30.

Le HAC pour les ressources naturelles et les produits agricoles a renforcé les capacités grâce à sa boîte à outils de solutions 30×30, à sa plateforme de mise en relation 30×30 et au mécanisme de développement rapide, en tant qu’outils destinés à appuyer la mise en œuvre de la cible 3 du GBF. Les représentants des pays ont exprimé leur intérêt à adhérer au HAC, à renforcer leur engagement et à soumettre leurs demandes concernant ces outils aux niveaux régional et national.

Ce communiqué sera diffusé et présenté lors de la 3e réunion de l'ONUC afin de renforcer la visibilité et le soutien des initiatives régionales et internationales, conformément à la Déclaration ministérielle de Nice sur la Méditerranée. Une approche unifiée de la conservation de la biodiversité dans la région méditerranéenne peut garantir un avenir durable pour la nature et les populations.