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Journée mondiale de l'environnement

5 juin 2024

L'océan est intrinsèquement lié à la vie sur Terre. Il y a trois milliards et demi d'années La vie a pris naissance ici, et nos mers fournissent actuellement la planète la moitié de son oxygèneL'océan est une source de protéines essentielles pour 3 milliards de personnesL'économie bleue, quant à elle, génère 30 millions d'emplois et un PIB de 1 500 milliards de dollars, assurant ainsi la subsistance de nombreuses personnes. Dès lors, pourquoi la protection des océans accuse-t-elle un tel retard ?

L'espace Rapport 2020 sur la protection des planètes Ce rapport indique que près de 17 % des écosystèmes terrestres et aquatiques continentaux de la planète sont inclus dans des aires protégées et des systèmes océaniques intégrés de gestion de la biodiversité (OECMS), mais que moins de 8 % des eaux côtières et des océans bénéficient d'une protection similaire. À ce rythme, il nous reste un travail considérable à accomplir pour atteindre l'objectif ambitieux, mais nécessaire, de protéger 30 % des terres et des océans de la planète d'ici 2030 (30×30).

Alors qu'il ne reste que six ans pour atteindre cet objectif de conservation, nous devons réfléchir aux enjeux fondamentaux de ce que signifie réellement enrayer et inverser le déclin de la biodiversité. L'initiative « 30×30 » ne se limite pas à la quantité de nature protégée ; elle concerne tout autant la qualité de ces aires protégées et leur capacité à préserver efficacement la faune et les habitats qu'elles abritent. Sur les 8 % de zones marines protégées mentionnés précédemment, moins de 3% Ces aires protégées sont totalement à l'abri des pratiques néfastes telles que la surpêche. Lorsqu'une zone n'est protégée que de nom et non de fait, elle ne respecte pas les principes des accords internationaux, comme le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (CMMB), conçus pour permettre à la nature de se rétablir et de prospérer. 

Aujourd'hui, Journée mondiale de l'environnement, nous nous trouvons à un tournant décisif. Pour progresser sur cette question, la protection des océans doit être une priorité absolue pour les plus hautes instances gouvernementales. La réunion pré-ONUC qui se tiendra prochainement au Costa Rica offre une excellente occasion aux ministres et aux ONG de faire le point et de réaffirmer leur engagement en faveur de la conservation des océans. Alors que de nombreux pays doivent encore soumettre leurs plans d'action pour la stratégie nationale en matière de biodiversité cette année, cette réunion devrait rappeler à tous la nécessité d'évaluer de manière critique leurs aires marines protégées actuelles et de rechercher des moyens d'étendre et d'améliorer leur gestion. Nous devons tous appliquer des mesures au niveau local dans le cadre de la législation nationale et coordonner nos actions au-delà des juridictions nationales. 1 % de la haute mer Considérées comme hautement ou totalement protégées, il est impératif que les pays agissent rapidement pour ratifier l'accord des Nations Unies sur la biodiversité au-delà de la juridiction nationale (BBNJ) avant la Conférence des Nations Unies sur les océans qui se tiendra en France l'année prochaine. 

Et même s'il est clair que le chemin est encore long pour atteindre l'objectif de 30 % en matière de conservation des océans, il faut souligner que certains montrent l'exemple et agissent dès aujourd'hui. En avril, la Grèce a annoncé que chalutage de fond, une technique de pêche connue sous le nom de «« La plus grande menace pour les habitats marins » sera interdite dans toutes ses zones marines protégées. Il s'agit d'une mesure fondamentale qui tous Les États doivent agir. Les aires protégées ne sont pas de véritables sanctuaires pour la biodiversité si de telles pratiques sont tolérées.

Un exemple de progrès plus ambitieux est l'engagement de la Dominique à créer une réserve marine pour les cachalots, une première mondiale. Fin 2018, la Dominique a franchi cette étape afin de reconnaître le rôle crucial que joue cette espèce menacée dans son environnement et s'engage à assurer la protection rigoureuse de la réserve pour la préservation de la faune marine qui y vit. 

Alors que les ministres du monde entier se réunissent cette semaine à la Pré-UNOC, ils doivent collaborer et agir pour protéger nos mers, aujourd'hui et pour les générations futures. Atteindre les objectifs 30x30 et appliquer des normes rigoureuses de protection de la biodiversité marine est non seulement nécessaire, mais urgent. Les gouvernements doivent agir. maintenant Afin de préserver les zones de forte biodiversité, de protéger la haute mer et de combler le déficit de financement de la biodiversité, il est impératif d'intensifier nos efforts pour enrayer la dégradation de la nature.